Banal quotidien
J'ai peu dormi la nuit dernière.
Je suis arrivée en retard au travail.
Tout ça parce que la circulation ralentit régulièrement à un point précis de mon trajet.
M'en fiche !
Ma stagiaire était en retard, elle aussi.
Elle avait complètement oublié le changement d'heure !
Un rendez-vous dans la matinée a suffit à m'épuiser.
La dame s'est mise à pleurer.
Ma stagiaire, très dans l'empathie, n'a pas très bien compris qu'à un moment il faut se distancer de l'histoire d'autrui.
L'autre rendez-vous de la journée, que je pensais reporté, était bien pile à l'heure.
Je l'ai reçu seul.
Et voilà encore un désespéré.
Qui a des idées noires.
Qui se demande à quoi ça sert d'avoir le RSA.
Qui n'a plus envie de rien du tout !
Et moi qui essaie de lui insufler l'idée que le passé c'est fini, et que personne ne pourra le changer.
Surtout pas lui.
Que le présent est précieux.
Et qu'il faut savoir le vivre intensément, là, tout de suite, sans se poser de question !
Ho ! La ! La !
Ce qu'il ne faut pas faire pour rallumer une étincelle de vie !
Je suis sortie de là pensive.
Et hop !
Vite une pause café - clope !
J'ai appelé le jeune homme en procédure d'expulsion.
Il a déclaré qu'il irait payer son loyer dans l'après-midi.
Il avait déjà dit ça jeudi dernier...
Je dois faire l'enquête sociale pour la fin de semaine.
A 16 heures passées, je n'avais plus envie de rien.
Et surtout pas de travailler.
Alors, j'ai discuté avec la stagiaire et joué bêtement sur mon smartphone.
Et je suis rentrée directement chez moi sans passer par la case supermarché.
Fichu changement d'heure !

