Congés d'été
Enfin !
En congés !
Pour quatre semaines.
Rien de prévu.
Pas grave.
Je veux juste oublier la lassitude du travail.
Mes absences du blog risquent de se répéter voire se prolonger...
Fatiguée
Mal dormi avec la chaleur étouffante.
Donc fatiguée.
Donc pas motivée pour travailler.
Quatre rendez vous de prévus.
Vivement le week end !
Ho ! La ! La !
Absolument aucune envie de travailler !
Café, clope pour me sortir de cette torpeur ??
Aujourd'hui...
Blablabla...
Ce matin, blabla autour de situations qui posent problème.
Une collègue expose deux situations qui se ressemblent.
Deux hommes qui n'ont jamais quitté leur mère.
Et ont une vie sociale quasiment inexistante.
Schizo, a priori, selon le psy clinicien qui écoute nos lamentations une fois par mois.
Ensuite, la peuchère de service a exposé la situation d'une dame qui lui a confié qu'elle s'est fait frapper par son fils de 18 ans.
Fils qui semble régner en dictateur au sein de la famille.
Et, qui, par son comportement, a un impact sur le jeune frère préadolescent.
Qui s'est replié dans le silence et l'isolement.
Que faire ?
Elle n'ose pas agir.
Et attend visiblement que la situation évolue.
Vers le pire.
Pour enfin agir.
Nous avons bien senti qu'elle ne voulait pas s'impliquer plus que ça.
Elle se trémoussait tellement elle en était gênée.
Lâcheté ordinaire...
Bien sûr, il n'est pas évident de déterminer le degré de gravité d'une situation donnée.
Mais lorsqu'il y a le sort d'un enfant en jeu, nous nous devons d'alerter les services concernés.
Je sens qu'elle ne reparlera plus de cette dame.
D'autant plus que des collègues ont clairement déclaré qu'il fallait agir.
Le psy lui-même le lui a suggéré.
Je la voyais se décomposer tout en essayant de faire bonne figure.
Et la mielleuse de service qui n'a pu s'empêcher de se lancer dans une explication incompréhensible avec ses "je pense" "à mon avis" " c'est ce que j'appelle"...
Mouais...
J'entends ces expressions des dizaines de fois par jours.
Une est abonnée au "y'a pas de soucis!".
Une autre met des "quoi" à la fin de ses phrases.
Et moi ?
Hé bien, je ne sais pas du tout !
Une dernière cigarette.
Et je m'en vais lire dans mon lit.
Lundi ordinaire
Au bureau, la journée a traîné en longueur.
J'avais deux aides financières à faire.
Téléphoner à l'un, à l'autre.
Rappeler l'un et l'autre.
Faire le point sur une dette locative.
La famille est en procédure d'expulsion avec réquisition de la force publique depuis le début de l'année.
La fille qui s'occupe de tout à la place de ses parents, qui ne parlent et ne comprennent pas un mot de français, n'en peut plus.
Bien sûr, c'est sur moi qu'elle a été positionnée.
La sous chef rousse et frisée a trouvé pertinent que cela soit moi qui la suive.
Comme si j'allais faire un miracle.
Tout ça parce que cette jeune femme ne s'entendait pas avec la précédente assistante sociale du service social de la mairie.
Qui, autant le dire franchement, s'en est débarrassée.
Mais à écouter cette jeune femme, je me demande si ce n'est pas l'assistante sociale qui n'avait pas envie de se prendre la tête avec une famille qui peut se retrouver à la rue du jour au lendemain.
Et aurait mis la faute sur elle.
J'ai commencé le suivi des parents la semaine dernière et ma collègues mielleuse celui de la fille.
Je crains une expulsion en août durant les congés.
Je crois que je vais me servir un petit verre de blanc !
Bon... Ben...
Rien.
Enfin pas un rien vide.
Rien dans le sens absence d'envie d'écrire ces derniers jours.
Semaine de travail consacrée à ce fichu recueil de données.
Pas du tout fiable au final.
Mes chiffres ne correspondent pas.
D'où traficotage.
M'enfin...
M'en fiche un peu.
Prise de tête avec la collègue mielleuse qui critique l'organisation mais estime que, non, ce n'est pas une critique mais une "critique professionnelle".
Haaaaaaa boooon ?!
Accoler le terme "professionnelle" à celui de critique l'exempterait donc de tout jugement ??
Quelle hypocrisie !
Elle qui a encore déclaré que la France était trop généreuse avec les étrangers.
Qu'il est trop facile de bénéficier des aides de l'Etat, et patati, et patata...
Je suis d'origine étrangère et je remercie la France pour la vie qu'elle m'offre.
Je me dis que ça ne tourne pas très rond dans son cerveau.
Je reconnais que là je suis mauvaise envers elle.
Mais ce type de discours m'agace profondément.
J'ai remarqué que lorsque je participais à une discussion en sa présence, il fallait toujours à un moment ou un autre qu'elle s'empare du groupe en détournant le fil de la discussion et en recentrant tout sur elle par une plaisanterie hystérique.
Ce qui appauvrit le dialogue en le rendant creux et sans intérêt.
Je crois qu'elle veut absolument se croire intéressante aux yeux de ses collègues.
Ma foi...
Et sinon ?
Quoi d'autre de chouette au travail ?
Encore une dame qui m'appelle pour me dire que le gaz va être coupé.
J'appelle le prestataire.
Son dernier paiement remonte en janvier: 30 euros.
Elle a reçu une aide de 400 euros.
Et il lui reste à devoir un peu plus de 1 000 euros.
Je la rappelle et l'informe.
Elle peut éviter la coupure en versant 20 % soit 215 euros avec un échéancier de 85 euros sur 10 mois, avec les futures factures à payer en plus évidemment.
Elle ne les a pas.
Je lui rappelle sa responsabilité en tant que cliente.
Hystérique, elle me répond qu'elle pensait être en surendettement et être protégée.
Hoooooo !
Bien sûr !!!
Suis-je bête ???
Je la recadre illico presto: vous consommez de l'énergie, vous payez !
Et puis son plan est terminé.
Alors évidemment le prestataire réclame ce qu'elle lui doit.
J'ai du me répéter je ne sais combien de fois pour qu'elle comprenne un peu qu'elle est entièrement responsable de ce qu'il lui arrive.
Et j'ai raccroché et l'ai laissée se débrouiller pour trouver l'argent.
Le lendemain, coupure.
Elle m'appelle pour me dire qu'elle a pu trouver l'argent.
Et me demande de téléphoner immédiatement au prestataire.
Finalement, nous tombons tous d'accord.
Et elle aura à nouveau du gaz le surlendemain.
Elle m'a épuisée !
Les deux dernières semaines de juillet devraient être très calmes.
Tant mieux.
Vivement les congés !
J'attends la pluie
Dans la chaleur moite.
Ce matin, distribution de tableau pour collecter des données.
Nouveau tableau.
Des collègues sont venues me voir pour me demander ce qu'on pouvait faire.
Pour ne pas les remplir.
La sous chef était dans notre bureau et nous expliquait les tenants et les aboutissants de ce fichu tableau.
Elle n'a pas du tout apprécié.
Et en a fait la remarque acerbe à deux d'entres elles.
Qui elles-mêmes n'ont pas apprécié.
Le plus chiant c'est de devoir sortir les dossiers un par un.
La nouvelle base de données, encore vierge d'informations, est inutile au possible.
Une des collègues, embauchée depuis un an, en a marre des conditions de travail.
Parce que pour elle, recueillir des données manuellement est inacceptable.
Y'a quand même pire comme condition de travail.
J'ai quelques fois l'impression qu'elle ne veut pas accepter le fait que le monde du travail peut être imparfait et frustrant.
Elle m'a confié qu'elle en avait assez des gens qui venaient "gratter" de l'argent.
Elle a le sentiment de n'être qu'une "banque".
En même temp, le secteur géographique où je travaille est populaire, pauvre avec une forte proportion d'immigrés.
Alors, effectivement cela change de la petite ville où elle travaillait avant.
Où les gens étaient moins en demande car plus autonomes et à même de se défendre et faire valoir leurs droits
Où il était bien plus simple de plaider en faveur d'une situation.
Où les relations de travail étaient moins empoisonnées par des chefs de service incompétents.
Le travail n'est pas le royaume des bisounours.
Alors, elle cherche avidemment un poste ailleurs.
Où l'herbe sera plus verte.
Avant de jaunir un jour.
Inertie
Mercredi matin, une dame est arrivée en panique.
Coupure d'électricité programmée.
Aujourd'hui, le progrès aidant, c'est par sms qu'elle a reçu l'info.
J'appelle le service solidarité du prestataire.
Ho ! Ben ! Cela fait juste 6 mois qu'elle n'a pas versé un paiement.
Et plus de 1 500 euros de dettes !
Bagatelle !
Pfffouuuuu...
En principe pour éviter l'interruption de service, il faut payer la moitié de la dette.
Il est évident qu'au vu de son allocation, elle ne peut pas payer la somme requise.
La dame fait sa peuchère.
"J'ai pas beaucoup d'argent, je suis malade, j'ai de l'oxygène la nuit sinon je m'étouffe..."
Et donc ?
Je lui rappelle qu'elle a reçu une aide de 600 euros l'année dernière sur une dette de 1 000.
Qu'il n'est pas possible d'en redemander une étant donné qu'elle n'a pas soldé ce qui restait à devoir.
Et que franchement, j'en ai assez d'elle.
Surtout de son irresponsabilité sous prétexte qu'elle n'a pas d'argent.
Rien ne l'empêchait de payer peu à peu chaque mois pour montrer sa bonne volonté.
Mais non...
Négociation avec le prestataire : versement de 300 euros avant la fin de la semaine et délai de paiement.
Ce qui n'empêchera pas une coupure.
Elle m'appelle jeudi matin pour me dire qu'elle n'a pas pu réunir la somme et me demande de téléphoner au prestataire.
Je lui réponds que téléphoner ne changera rien et n'empêchera aucunement la coupure d'éléctricité.
Le même jour, j'ai reçu un monsieur sur ma permanence.
Complètement à l'ouest.
Me demandant de l'orienter sur une prestation du pôle emploi, que je ne suis pas habilitée à faire !
Une fois achevé son discours confus, il s'est levé énervé sans un mot.
Je crois bien qu'il s'est remis à boire.
Et hier, appel du gestionnaire d'une résidence sociale pour un monsieur qui ne paie plus son loyer depuis des mois.
Et j'apprends que ce monsieur est addict aux jeux d'argent !
Trop chouette !
Il m'avait avoué boire de trop quelques fois.
Sans doute une manière implicite de me dire son addiction.
Toutes ces histoires m'ont psychiquement épuisée.
Allez !
Hop !
Une clope avant d'aller à mon rendez vous avec l'ophtalmo.
Le silence est d'or
Il y a des moments où on aimerait dire les choses qu'on retient.
En particulier face à une collègue peucherette qui se prend un peu trop de pitié pour un monsieur.
Je ne dis pas que nous devons rester de marbre face à la détresse ou à la colère de l'autre.
Mais savoir garder la distance est nécessaire.
Elle commence à critiquer le monsieur qu'elle a reçu pour la première fois aujourd'hui.
Je sens au ton de sa voix qu'elle se serait bien passer de le recevoir.
Elle dit qu'il s'est montré agressif et revendicatif.
J'ai eu l'impression qu'elle en a eu peur.
Ce qu'elle n'avouera jamais.
Elle déteste avouer ses faiblesses.
Donc, elle commence à le critiquer en nous racontant l'entretien..
Je lui réponds que face à la réaction du monsieur, il est peut être utile de repréciser le cadre légal dans lequel nous intervenons et surtout les obligations qui lui incombent s'il veut continuer à percevoir son allocation.
C'est alors qu'elle me dit: " le pauvre, il a du avoir un passé difficile".
Certes.
Mais faire preuve d'empathie ne signifie pas se soumettre aux quatres volontés du premier venu.
J'avais très envie de le lui dire.
Mais je me suis retenue.
Lorsque j'ai compris qu'elle ne voulait pas l'entendre.
Absolument pas la forme
En ce beau dimanche.
Couchée après 3 heures du matin.
Vu la fiesta qui s'est déroulée au resto d'à côté.
Musique à fond, rires et cris en tout genre...
Café, clope.
Etat qui oscille entre l'engourdissement et l'envie d'émerger de cette fatigue.
Vais faire le ménage, ça me réveillera sûrement !
En écoutant Yasmine Hamdan.
Traces...
Ma journée de travail fut calme.
Tellement calme que j'ai eu le temps de lire un roman entier.
Elle s'est achevée sur une soirée resto.
Avec mon frère et mon neveu.
Qui s'est un peu ennuyé dans le brouhaha des conversations.
Mon frère a la manie de lui rappeler que notre enfance était bien différente de la sienne.
Et moi j'objecte que c'est tout aussi bien ainsi.
Quel enfant voudrait vivre ce que nous avons vécu comme souffrances et manques ?
Aucun.
Je constate que mon frère reste très marqué par le passé.
Il cache ses cicatrices sous un air désinvolte.
A-t-il conscience de cela ?
Ma foi...
Et moi ?
J'en suis où ?
Le frigidaire est vide
Mais la journée a été remplie.
De blabla.
Pas forcément emballant.
Mais pas pour autant vide de sens.
En tout cas, passer la journée hors des bureaux et déjeuner au soleil fait du bien.
Je me suis beaucoup amusée des commérages d'une collègue qui ne supporte plus la pleureuse de service.
D'ailleurs, plus personne ne la supporte.
Discussion entre nanas sur les mecs, les enfants.
Rien de nouveau.
Les enfants, c'est peut être chouette mais pas super top pour le couple.
A écouter les mères de familles, un enfant, ça change tout.
Fini la liberté, bonjour les responsabilités !
Et surtout l'organisation quotidienne où tout doit être pensé.
Et même ce qui se regarde à la télé évolue.
Plus question de se vautrer sur le canapé à regarder les téléréalités qu'on affectionnait secrètement.
Pas bien pour les enfants !
Alors qu'eux meurent d'envie de ça.
Pour en discuter à la récré entre copains.
Une de mes collègues m'a confiée qu'une de ses filles âgée de 11 ans lui avait demandé ce matin pourquoi elle ne divorçait pas.
Le monsieur ne travaille pas et semble un brin difficile à vivre.
Et moi qui me plains quelques fois de mon mec...
Quand j'entends ça, je me dis que finalement il est cool et pas des plus chiant.
Une dernière cigarette avant d'aller lire dans mon lit.
En vrac
Ce lundi matin, je n'ai envie de rien.
Excepté rentrer chez moi.
Samedi dernier, conviés au mariage d'un de ses amis.
Chaleur, attente, blabla du maire et ensuite blabla du curé.
Vin d'honneur sur la place de l'église.
Attente encore.
Photos dans un champs d'oliviers plus que centenaires.
Attente.
Et enfin apéro.
Petits fours décongelés sans goût.
Idem pour le champagne rosé.
Repas de noces médiocre.
Sauf pour le vin.
Et danse jusqu'à quatre heure du matin.
Dj à la ramasse.
Je n'ai pas dansé.
Pas vraiment mon truc de me trémousser sur une musique qui ne me plait pas.
Dimanche.
Réveil à midi passé.
Belle mère hyper curieuse qui n'attend que les photos pour les commenter allégrement.
Et enfin se poser chez soi.
A ne rien faire.
Bon...
Heureusement, que j'ai peu de rendez vous cette semaine.
En même temps, peu de rendez vous, c'est peu de travail donc potentiellement un peu d'ennui.
Que je comblerais par la lecture d'un roman policier.
" Lettres de Carthage" de Bill James.
"Dans le quartier résidentiel où Vince et Kate viennent d'emménager, les bâtisses sont cossues, les pelouses impeccables et les voisins bien élevés. Kate est d'ailleurs tombée sous le charme des siens, Jill et Dennis Seagrave, dont la maison la fait rêver. Et pourtant, tout ne va pas pour le mieux dans le couple en apparence idyllique, comme l'attestent les lettres qu'ils écrivent à leur famille ou leurs amis. Derrière la perfection qu'ils affichent, les Seagrave cachent quelque chose d'étrange. Kate n'a pas tort de se poser des questions. Elle est tout de même loin de soupçonner la vérité.
Avec ce roman épistolaire qui pastiche les romans du XVIIIe siècle anglais, Bill James signe l'une de ses oeuvres les plus brillantes et les plus ambitieuses sur le plan littéraire. Violente satire de la classe moyenne supérieure, Lettres de Carthage est un livre au suspense et à la construction diaboliques, qui se joue du lecteur jusqu'à la dernière page."
