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Secrètes Pensées
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30 mars 2017

Humeur morose

Mais...

Youpi !

C'était le dernier jour pour la stagiaire.

Egocentrique.

Chiante.

J'ai pondu une évaluation correcte.

Je n'ai pas voulu être sévère.

Je suis trop gentille.

Je crois que je ne prendrais plus de stagiaire avant un moment.

Ça demande de l'énergie.

Et un self control.

Qui me pèsent un peu.

Je n'ai pas aimé sa façon "l'air de rien" de vouloir une bonne évaluation.

Cet aspect intéressé m'horripile.

Et ma collègue F. qui n'en peut plus de son mari.

Complètement névrosé.

Qui a peur d'aller à Barcelone pour les congés scolaires.

Qui se plaint d'avoir trop de choses à faire.

Alors qu'il prend tout son temps, d'après F., pour ne rien faire.

Excepté prendre soin de son petit ego.

Misérable au possible.

Et ma collègue M. qui se la joue top professionnelle.

Pleine de courage.

Alors qu'elle est d'une lâcheté sans nom.

Et menteuse avec ça !

Elle ose dire à la stagiaire qu'elle fait toujours lire ses avis motivés aux personnes qu'elle a en suivi.

Je ne l'ai jamais vu faire ça.

Non.

Jamais.

Ch'uis pas gâtée !

Qui d'entre nous est la plus névrosée ??

Photo ©David Harriman

PS: à L. je ne t'oublie pas, c'est juste que je suis très lente, quelques fois, pour répondre...

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26 mars 2017

Détresse

Je n'avais pas très envie d'écrire ces derniers jours.

La fin  de semaine au bureau a été plutôt calme.

Vendredi, rendez-vous avec le psy.

Il me demande si je vais bien.

C'est la première fois qu'il me pose cette question.

Sans doute parce qu'il devait estimer que la durée du suivi s'éternise un peu.

Ben...

Bof! 

J'ai des idées sombres.

Des impulsions suicidaires.

Mais ça...

C'est récurrent chez moi.

Je lui demande ce qu'il en pense.

Il me répond que c'est le signe d'une détresse.

Heu...

Mouais...

Pourquoi pas ?

Bien que je ne me sente pas en détresse.

Je dois l'être alors ?

C'est juste que je trouve que vivre ne sert à rien.

Puisque nous mourrons tous un jour ou l'autre.

Vivre pour mourir, ça n'a vraiment pas de sens.

Trouver absolument un sens à la vie, c'est bien un truc qui m'exaspère. 

21 mars 2017

Dieu te bénisse !

Mouais...

Mouais, mouais, mouais...

Hier, en sortant du travail, je m'arrête au supermarché.

Pour refaire le plein du frigidaire vide.

Une dame m'aborde.

Une "gitane".

Aux cheveux colorés en blond.

Ou plutôt décolorés.

Elle me demande un petit quelque chose en échange de je ne sais quoi.

Que je recevrai plein d'amour et de joie.

Heu...

Elle me dit que c'est pour acheter à manger à ses enfants.

Heu....

Je n'ai pas de monnaie.

J'en ai de moins en moins.

Vu que je paie quasiment tout par carte bancaire.

Je lui donne deux tickets resto.

Elle m'en demande un troisième.

Je lui donne.

"Dieu te bénisse!" dit-elle.

Et elle veut me donner un truc.

Un caillou.

Petit.

Peint en bleu.

Heuuuuuuuuuu...

Booof !

Je l'aperçois dans les rayons.

Je remplis le caddy.

Café.

Confiture de myrtille.

Un gros pot.

Du fromage blanc.

Du pain.

Du comté.

Des légumes surgelés.

Et d'autres trucs.

Et je joue au scrabble en attendant mon tour à la caisse.

Untitled (Shopping Cart),2000, Photo ©Doug Aitken,

17 mars 2017

Semaine épuisante

Je n'ai pas arrêté une minute.

Entre les rendez-vous.  

Les appels. 

Les demandes à traiter. 

J'ai tout un tas de dossiers encore en attente.

Une dame a débarqué sans prévenir.

Elle veut que je la reçoive immédiatement.

Pour m'annoncer qu'elle est sans domicile depuis un mois.

Un huissier l'aurait "menacée". 

Son histoire est compliquée.

Elle n'a pas été d'une très grande honnêteté lorsqu'elle avait signé son contrat de location.

Elle dort à présent dans une voiture.

Et merdoum !

C'est la troisième personne que j'ai en suivi qui se trouve dans cette situation.

Je lui conseille de se domicilier administrativement au centre communal. 

Dans l'attente, je ne peux pas faire grand chose.

Hélas...

Elle refuse de faire appel au 115.

Elle pleure... 

Elle dit qu'elle n'a plus rien pour manger.

Je lui donne quelques tickets resto.

Cela faisait des mois que je lui conseillais de rechercher un logement moins cher.

A chaque fois, elle répondait qu'elle allait s'en sortir.

Qu'elle allait trouver un emploi.

Mais rien n'a évolué.

Pffffouuuuu...

Je suis impuissante face à sa détresse.

La seule bonne nouvelle de cette semaine fut un accord pour une aide financière de 300 euros pour une dame malade qui après avoir régler son loyer, trop cher, doit faire un choix entre payer sa facture d'électricité ou manger.

Lorsque je lui ai annoncé la décision, elle a dit que je suis un ange pour elle.

Heu... 

Non. 

J'essaie juste de faire mon travail du mieux que je peux.

Et c'est de moins en moins évident vu le peu de moyens dont on dispose.

J'étais si fatiguée que je suis rentrée directement chez moi.

J'ai grignoté d'un bout de fromage et de pain. 

Regarder les infos.

Et direct au lit ! 

D'oú j'écris 

©Harry Gruyaert

14 mars 2017

Fatigue

Reprise du travail.

Sans motivation.

Stagiaire arrivée en retard.

Bien après moi.

Qui arrive vers 9 heures.

Alors que je suis sensée être au bureau à 8 heures 30.

Collègues qui se plaignent.

Pour ne pas changer.

Je remarque que F. a mauvaise mine.

Elle a un souci de santé très embêtant.

Elle n'ose pas consulter.

Car elle a un nouveau médecin.

Qu'elle connait à peine.

Elle n'a pas arrêté de râler.

Elle dit qu'elle restera chez elle demain.

Grand bien lui fasse !!

Quant à moi, j'ai mal au dos.

Sans nul doute, l'écho d'un ras le bol.

Ou d'un manque de sommeil.

J'ai fait un rêve étrange.

La nuit dernière.

Où je me retrouvai à dormir.

Contre la paroi d'une montagne.

Sous une couette d'une couleur rouge.

Avec des motifs géométriques noirs.

Mouais...

Ce soir,

Je vais me coucher tôt.

Nowhere, California-USA - ©Nadav KANDER

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10 mars 2017

Le passé nous façonne

Bien plus qu'on ne le voudrait.

Ce matin, le psy a déclaré que je semblais indifférente quant aux origines de ma famille.

Origines ou histoire, je ne sais plus.

Ma soeur nous avait montré, lors du déjeuner au restaurant, deux photos une de mon père et une de ma mère du temps où ils étaient plus jeunes.

Photos tirées d'un des albums qu'elle conserve.

Je me suis posée la question du pourquoi nous montrer ces photos.

J'ai répondu au psy que le passé est le passé.

J'ai évoqué mon frère qui, lors d'un repas pour les fêtes de ce Noël, avait dit que mon père était un tyran.

Tyran dans le sens où nous devions nous soumettre à ses injonctions.

Je savais qu'il gardait un mauvais souvenir de notre enfance.

Mais pas à ce point.

La seule utilité de se retourner vers le passé est d'en comprendre nos actes présents.

Je sais que j'en garderais toujours des séquelles.

Je vis avec.

Martin Parr

7 mars 2017

Mais pourquoi fait-il froid ?

Alors que je suis en congés ??? 

Le mistral n'a pas arrêté de souffler depuis plusieurs jours.

Pffffouuuuu !!!

M'obligeant à rallumer l'unique radiateur électrique.

Je me réchauffe d'une infusion aux fruits rouges.

Ma boîte mail est inaccessible...

J'y retournerais plus tard.

J'ai un bouton à recoudre sur une veste de couleur noire.

Et j'écoute France Inter.

5 mars 2017

Palpitations

Hier, j'ai oublié de prendre le petit comprimé en forme de coeur.

Allez ! Hop !

On avale le bétabloquant !

Tout en écoutant Interception en replay.

J'ai le sentiment que l'europe prend peu à peu une couleur brune.

Gros gros BEURK !

Les médias ne parlent que des élections présidentielles à venir.

Pour qui voter ??

Pas pour les extrêmes.

Pas pour Macron.

Une vraie girouette !

Qui ne pense qu'à lui, qu'à laisser son nom dans l'Histoire.

Un égocentrique de première.

Comme beaucoup hélas.

Et Fillon ??

POUBELLE !!

Tout comme la Marine !

Bon.

J'ai lu "Le lien" de Laurent Mauvignier.

Bof !

Un dialogue entre un homme et une femme qui se sont aimés et puis se sont séparés.

Qui se retrouvent 30 ans après.

J'ai pas aimé.

Pas du tout accroché au style d'écriture.

Un peu confus, alambiqué.

J'ai commencé la lecture d'un recueil de nouvelles " Les petits contretemps" de Gaëlle Héaulme.

"Et si un jour nos pulsions, nos pensées les plus noires, celles qu’on réfrène d’habitude, se transformaient en actes ? On n’hésiterait plus à se débarrasser de nos bébés pleureurs, ni à faire taire définitivement celui qui depuis vingt ans nous empêche de boire tranquillement notre café le matin.

Les Petits Contretemps, ce sont ces moments de basculement, où tout change soudain de couleur, de rythme. Ces récits sont des instantanés, des « vignettes », plutôt que des nouvelles. Ils nous plongent en quelques phrases, avec un style presque cinématographique, dans un univers noir ; là où devraient se jouer des situations ordinaires. Le couple, l’enfance, la maladie, la perte… Autant d’occasions de fixer avec une cruauté jubilatoire ces instants où tout peut déraper : un homme quitte sa femme, mais celle-ci lui présente sobrement la liste des choses à finir avant d’aller refaire sa vie (réparer le lave-linge, changer les pneus du scooter, régler le problème des fuites...) ; un père divorcé essaye en vain de passer une journée normale avec sa fille ; le soir de Noël, une femme reconnaît en un clochard assis sur un banc celui qui l’a tant fait souffrir...
De même qu’un ciel radieux peut augurer la tempête à venir, une journée en apparence comme les autres peut révéler d’étranges surprises."

J'adore !

Je recommande donc ce recueil à ceux qui aiment les nouvelles.

Le soleil est revenu.

Quel bonheur !

3 mars 2017

Ne rien faire

Enfin en congés !

Je me suis levée vers 9 heures.

Cette semaine a été dense.

De nombreux rendez-vous.

Cela faisait un moment que je n'en avais pas eu autant.

Vite ! Vite !

Traiter les dossiers en attente.

5 minutes chrono pour pondre un avis argumenté pour une demande d'aide financière.

Jamais fait aussi vite.

Je m'épate toute seule !

La dame que j'ai reçu pour la première fois la semaine dernière est venue deux fois sans prévenir.

Elle a reçu un courrier de relance pour une dette locative de 1800 euros.

Lettre qui l'informe qu'elle sera expulsable si elle ne paie pas.

Elle est dans un état d'affolement intense.

Bon !

Je laisse un message à la nénette du service contentieux de son bailleur hlm.

Une fois

Deux fois.

J'appelle sa soeur pour faire le point.

Elle est prête à l'aider quitte à faire un crédit à la banque.

Je lui conseille de demander un délai de paiement par lettre recommandée.

Tout n'est pas perdu.

C'est encore la trêve hivernale.

La nénette du contentieux m'appelle.

Nous faison le point.

Madame ne paie plus depuis juin 2016.

Chouette !

Elle me dit qu'il est possible de mettre ne place un délai de paiement sur 12 mois.

Ouf !

J'informe la soeur de Madame.

Qui prendra contact avec le service contentieux.

Ma stagiaire me pompe un peu l'air.

Elle n'accepte pas trop mes remarques.

Elle ne veut en faire qu'à sa tête !

Mouais...

Bof !

Je la trouve peu douée pour les entretiens.

Elle part très vite dans des considérations inutiles.

Qui n'apportent pas grand chose à l'objectif du rendez-vous.

Elle aime bien analyser.

Trop même.

Bon ?

Je craque ou pas sur cette paire de bottines ??

Ouiii ! 

Un petit café

Une clope

Vive les vacances !

Photo par Sarah Bahbah

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