Je n'ai pas arrêté une minute.

Entre les rendez-vous.  

Les appels. 

Les demandes à traiter. 

J'ai tout un tas de dossiers encore en attente.

Une dame a débarqué sans prévenir.

Elle veut que je la reçoive immédiatement.

Pour m'annoncer qu'elle est sans domicile depuis un mois.

Un huissier l'aurait "menacée". 

Son histoire est compliquée.

Elle n'a pas été d'une très grande honnêteté lorsqu'elle avait signé son contrat de location.

Elle dort à présent dans une voiture.

Et merdoum !

C'est la troisième personne que j'ai en suivi qui se trouve dans cette situation.

Je lui conseille de se domicilier administrativement au centre communal. 

Dans l'attente, je ne peux pas faire grand chose.

Hélas...

Elle refuse de faire appel au 115.

Elle pleure... 

Elle dit qu'elle n'a plus rien pour manger.

Je lui donne quelques tickets resto.

Cela faisait des mois que je lui conseillais de rechercher un logement moins cher.

A chaque fois, elle répondait qu'elle allait s'en sortir.

Qu'elle allait trouver un emploi.

Mais rien n'a évolué.

Pffffouuuuu...

Je suis impuissante face à sa détresse.

La seule bonne nouvelle de cette semaine fut un accord pour une aide financière de 300 euros pour une dame malade qui après avoir régler son loyer, trop cher, doit faire un choix entre payer sa facture d'électricité ou manger.

Lorsque je lui ai annoncé la décision, elle a dit que je suis un ange pour elle.

Heu... 

Non. 

J'essaie juste de faire mon travail du mieux que je peux.

Et c'est de moins en moins évident vu le peu de moyens dont on dispose.

J'étais si fatiguée que je suis rentrée directement chez moi.

J'ai grignoté d'un bout de fromage et de pain. 

Regarder les infos.

Et direct au lit ! 

D'oú j'écris 

©Harry Gruyaert